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Seules les classes sociales séparent les hommes.
De plus en plus de Marocains se battent aujourd’hui pour survivre, les smicards occupent bien entendu le haut du pavé. Ces exclus de fait sont malheureusement de plus en plus nombreux à tenter de trouver des arrangements avec la précarité. C’est le cas dans le secteur de la sécurité privée où les Gardiens, terme sans fondement professionnel, vont travailler 12 heures de jour comme de nuit, soit près de 3600 heures durant l’année 2008, alors que la durée légale est de 2288 heures (article 184 du Code du Travail). N’est-ce pas une honte !
L’inégalité toujours plus grande de la répartition des richesses entre une frange d’individus au détriment du reste de la population ne cesse de s’accroître, c’est d’ailleurs le cas entre le secteur Public et celui du Privé.
S’il est une activité qui ne cesse de se détériorer, alors même qu’il paraîtrait que le secteur des services contribue grandement à la croissance de l’emploi, c’est bien celui de la sécurité auquel on pourrait y adjoindre celui du ménage.
Encore un Marché Public qui vient de nous passer sous le nez à Agadir, alors que notre entreprise y assurait la sécurité depuis plus de deux années au travers d’un contrat annuel reconductible. Plus d’une dizaine de Marchés nous sont ainsi passés sous le nez depuis ces dernières années. En connaissez-vous les raisons ?
Moi oui !
Il faut savoir que la plupart des Marchés Publics sur Agadir sont enlevés par des entreprises dont le siège se situe le plus souvent à Casablanca ou à Rabat. Bien que le cahier des charges du Maître d’ouvrage impose le plus souvent au soumissionnaire de rémunérer son personnel au Smig, comment se fait-il que le marché est systématiquement enlevé par l’entreprise la moins-disante, avec l’absolue bénédiction du Maître d’ouvrage qui ne tient pas ses engagements et n’en a strictement rien à faire du sort qui sera réservé à celles est à ceux qui vont essayer d’assurer sa sécurité dans des conditions précaires, alors qu’il sait pertinemment que le coût d’intervention lié à ce marché ne pourra permettre au soumissionnaire retenu par lui de rémunérer son personnel sur la _base_ d’un Smic et encore moins de s’assurer de des charges sociales de son personnel, de ses charges patronales, des assurances RC et accidents du travail, du règlement des congés payés, d'un repos hebdomadaire de 24 heures rendu obligatoire, etc.
Comment se fait-il que ces patrons aient encore pignon sur rue et ne cessent de se développer, alors que leur marge bénéficiaire est logiquement égale à zéro ?
Faites donc le tour des administrations sur Agadir et ses environs et vous constaterez par vous-même que la moyenne des rémunérations versées par ces affairistes sans scrupule à leur personnel se situe le plus souvent aux environs de 1200 DH/mois pour 12 heures de travail (entre 700 DH et 800 DH/mois pour une femme de ménage pour 8 à 10 heures de travail/jour), sans aucune assurance et protection sociale en contrepartie. Vous constaterez que jamais ils ne sont inquiétés par des contrôles de l’Inspection du Travail ou par ceux de la CNSS. Y aurait-il deux poids deux mesures ?
Vous me direz qu’il n’y a pas que des patrons voyous et des Maîtres d’ouvrage hors la loi sur le marché de la sécurité et/ou du nettoyage. Il y a aussi des chefs d’entreprise, peu nombreux il est vrai, qui veulent à tout prix faire l’effort de déclarer leurs salariés, le plus souvent avec un minimum de jours pour ne pas être dans l’obligation de mettre la clef sous la porte, et ne pas être bien entendu en contradiction avec le code de travail, surtout si ses salariés sont déclarés en deçà du Smig pour 26 jours de travail par mois.
Petit rappel :
La durée légale annuelle travaillée dans les services est de 2288 heures, soit 190.67 heures par mois.
Montant du Smig : 190.67 x 9.66 DH (Smig horaire) = 1841.84 DH
L'évolution du Smig étant passé par plusieurs étapes, la dernière étant sous forme d’augmentation déguisée du taux horaire brut dont le montant est actuellement de 9.66 DH pour 208 heures/mois (Soit 8 heures x 26 jours), le Smig mensuel est de 208 heures/mois x 9.66 DH = 2009,28 DH. Au-delà de cette période vient l'augmentation déguisée qui s'explique en réduisant le nombre d'heures travaillées de 208 heures/mois à 190,67 heures/mois, sans toucher au Smig qui est de 2009,28 DH.
Si l’on fait le rapport on s’aperçoit en fait que le taux horaire augmente, puisque divisé par 190,67 heures/mois au lieu de 208 heures/mois. Si l’on suit ce raisonnement, on s’aperçoit que le taux horaire diminue à 190.67 heures/mois x 9.66 DH/l’heure au lieu de 208 heures/mois x 9.66 DH de l’heure.
Le SMIG n'est pas un salaire mensuel
- Dans le secteur industriel et les services, le SMIG horaire est de 9,66 DH - Dans le secteur agricole le SMIG est de 50,00 DH/ jour (Bulletin Officiel N° 5219 du 7 juin 2004).
2- La durée légale de travail est de 44 heures par semaine, soit 191heures/mois. (Loi 65-99 du Nouveau Code travail)
De ce fait, un Agent prestataire de service travaillant un mois complet ne devrait pas percevoir un salaire mensuel brut inférieur à : 191heures x 9,66 DH = 1845,06 DH.
Il est plus juste de compter les heures travaillées légales en référence à l'année soit 2288 jours (activités normales), (art 184 du code du travail) et 2496 jours pour les activités agricoles.
Soit 2288 jours :12 mois =190,67 heures par mois
Soit le Smic =190,67 jours x 9,66 DH = 1841,87 DH arrondis à 1842,00 DH salaire officiellement admis par la CNSS comme salaire minimum.
Cordialement
Bernard DESCHAMPS
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